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Petites recettes d’automne

L’églantier ou rosier des chiens
(Rosa canina)
ROSACEES

Typique de nos garrigues, ce magnifique arbuste de la famille des roses ne passe pas inaperçu lorsque ces feuilles tombent à l’automne et laissent entrevoir ces baies rouges et ces longues tiges souples couvertes d’aiguillons crochus. Lorsque les premières gelées ont ramolli leur pulpe, les baies (appelées cynorrhodons) possèdent un goût délicieux, légèrement acidulé, rappelant sa forte teneur en vitamine C. C’est en effet une des plantes sauvages qui en contient le plus. La teneur varie en fonction des espèces mais la moyenne se situe aux alentours des 1350 mg pour 100 g. Et ce n’est pas tout, ils sont riches en sucres (30% de son poids), en protides, en glucides, en sodium et en provitamine A.

Alors, comment déguster ces baies ?

On peut bien sûr faire des confitures, mais le « poil à gratter » qui entoure les graines est très désagréable. Pour les séparer on les passe dans un moulin à légumes pour extraire une purée rouge, qui servira de base pour la confiture, les sirops. On peut aussi mélanger cette purée à de la tomate pour garnir les pizzas.

Sinon le plus simple reste encore la liqueur d’ « églantine ».

Ramassez 1 kg de baies ramollies par le gel, les écraser pour les faire macérer dans 1 litre d’eau de vie (à 45°) pendant 20 jours. Filtrer et mélanger avec un sirop obtenu en faisant fondre 300 grammes de sucre dans un demi-litre d’eau, bien mélanger et filtrer encore pour éliminer tous les petits poils contenus dans les baies. Mettre en bouteille et laisser vieillir au frais plusieurs mois avant de le consommer.

Bonne dégustation !

Ophrys bécasse et Ophrys jaune

Au printemps,si vous êtes attentifs, vous remarquerez que de nombreuses zones des pelouses sèches de nos garrigues sont riches en orchidées. Vous pourrez en observer certaines variétés aux dimensions modestes mais aux inflorescences remarquables. Les orchidées les plus fascinantes de nos garrigues appartiennent à un genre typiquement méridional nommé « Ophrys » qui signifie « sourcil » en grec et qui, selon Pline l’ancien*, désignait une fleur dont on se servait pour teindre les cheveux et les sourcils.
Les Ophrys sont capables de tous les stratagèmes, usant de leurres visuels, tactiles et olfactifs pour imiter les femelles des insectes avec lesquels ils projettent de simuler l’accouplement. Cette attitude leur permet de ficher leurs pollinies sur la tête du visiteur en rut ! Lorsque l'insecte ira butiner une autre fleur, les pollinies qu'il porte sur la tête toucheront la partie réceptrice de l'organe femelle et permettront ainsi une fécondation croisée.
On attribue également aux tubercules d'Orchidacées, une action aphrodisiaque : leurs formes rappellent en effet les glandes génitales masculines et sont d'ailleurs à l'origine du nom de la famille (du grec orkhidos = " testicule "). Il s’agit toutefois d’une légende…La cueillette et l'exploitation de nos Orchidées sont donc à proscrire!

L’ Ophrys bécasse
Ophrys scolopax
ORCHIDACEE
(Crédit photo : O.Peyronel)
Le gynostème** de cette espèce, vu de profil, peut faire penser à la tête et au bec de la bécasse, d'où son nom vernaculaire et son nom scientifique (latin scolopax = bécasse).
Les fleurs sont assez variables, mais l'aspect général du labelle est toujours allongé et trilobé, avec deux lobes latéraux poilus et rondouillards.
(cliquez sur les photos pour agrandir)

L’Ophrys jaune
Ophrys Lutea
ORCHIDACEE
(Crédit photo : V.Szczepaniak)
A l’inverse du gynostème particulièrement long de l’Ophrys bécasse, celui de l’Ophrys jaune est très court. Cette espèce commune de nos garrigues se repère aisément à la large bordure jaune vif de son labelle. Les pétales et les sépales sont verdâtres. De floraison relativement précoce, il affectionne particulièrement les pentes calcaires bien ensoleillées, voire arides.

**Le gynostème est la colonne au centre de la fleur d' orchidée sous laquelle se trouvent les organes sexuels (les pollinies, l'organe mâle et le stigmate, l'organe femelle) judicieusement disposés pour que l'insecte soit obligé de remplir son rôle de pollinisateur.
*Pline l'Ancien est un important écrivain et naturaliste romain, auteur notamment d'une monumentale encyclopédie intitulée "Histoire naturelle".

La Grande Euphorbe

Euphorbia characias
EUPHORBIACEE
(crédit photo : V.Szczepaniak)

C’est Juba 2, roi de Numidie, époux de la fille d’Antoine et de Cléopâtre qui la baptisa ainsi en l’honneur de son médecin Euphorbus. Toutes les euphorbes sont toxiques, purgatives et vésicantes. Elle libère un lait à la moindre blessure, ce latex blanc contient une certaine proportion de caoutchouc (l’hévéa est de la même famille). Ce latex peut provoquer des dermites au contact de la peau et les pires irritations au contact des yeux. Néanmoins certaines personnes appliquaient le lait sur les verrues pour les soigner. Autrefois, la grande euphorbe était utilisée pour paralyser les poissons dans les rivières. La plante fraîche était pressée dans l’eau en amont des ruisseaux et après avoir absorbé du poison, les poissons remontaient à la surface, flottant le ventre à l’air. Seule la chenille du sphinx de l’euphorbe est immunisée contre les dangereuses euphorbones et saponines contenues dans la gomme âcre de ses plantes.

LA LAITUE VIVACE

Lactuca perennis
ASTERACEE
(crédit photo : O.Peyronel)

Vient du latin lactis : lait, plante à suc laiteux. La laitue vivace fait partie des salades les plus prisées de la garrigue. Beaucoup de familles ramassaient ces rosettes facilement repérables grâce à leurs fleurs lilas pâle, très décoratives, s’épanouissant dès le mois de mai. Contrairement aux autres plantes consommées en salade, elle ne développe pas une amertume prononcée à la floraison, elle se consomme toute l’année. Cultivée encore au siècle dernier jusque dans la région parisienne, elle se vendait sur les marchés. On la donnait aux lapins. La laitue est aqueuse, elle nettoie l’intestin et possède des vertus calmantes. Elle contient du calcium, du potassium, du phosphore, ainsi que des vitamines A, B1, B2 et PP.

L' IRIS NAIN

Iris Lutescens
IRIDACEE
(crédit photo : O.Peyronel)
Du grec iris : arc en ciel, ses fleurs ont des couleurs pouvant varier. Cette plante vivace de 5 à 20 cm est une espèce méditerranéenne qui trouve sa limite nord de répartition en Ardèche.On la rencontre dans les rocailles, en falaise, dans les fissures où son rhizome charnu lui permet de résister aux conditions extrêmes. Ses feuilles à nervures parallèles sont étroites, allongées et sortent directement du rhizome. Ses fleurs solitaires colorent les falaises au mois de mars, de leur bleu violet ou plus rarement, jaune pâle.