Le Milan noir

Le Milan noir
Milvus migrans
(crédit photo : V.Szczepaniak)

Rapace migrateur d’une taille de 48 à 58 cm, le Milan noir est un visiteur d’été. Son plumage paraît noir à contre-jour mais il est en réalité d’un brun uniforme. Sa tête est plus claire que le corps et le dessous teinté de roux. La queue est très échancrée. De plus en plus fréquent dans les Gorges de l’ Ardèche, il consomme de préférence des cadavres de poissons, charognes ou déchets trouvés au bord de la rivière ou le long des routes. Il peut aussi se nourrir de micromammifères, batraciens, ou oiseaux, qu’il dérobe à d’autres rapaces. Certes, il lui arrive de pêcher comme un véritable prédateur, mais pourquoi se fatiguer quand la nourriture abonde sans faire le moindre effort ?! Fin avril, la femelle pond 2 à 3 œufs dans un nid de branchages, dans un grand arbre, au bord d’un cours d’eau. Elle peut aussi utiliser des nids abandonnés par d’autres rapaces. L’incubation dure 32 jours et les juvéniles s’envolent au bout de 6semaines. Facilement observable tout au long de la journée, le Milan noir parade au printemps ou plane en groupe, parfois bruyamment, au dessus de la ripysilve, la forêt des bords de rivière.

"Calcaire en folie!" randonnée à Orgnac

Suite à la sortie du livre « De la Dent de Rez aux Gorges de l’Ardèche » rappelons que les 13 communes du Syndicat de gestion des Gorges de l’Ardèche sont à l’honneur, grâce à un calendrier d’animations entièrement gratuites. Le 8 août dernier, rendez vous était donné à Orgnac sur la plaine de Calais, en présence de Philippe Barth, géologue et animateur du musée d’Orgnac, Denis Doublet et Valérie Szczepaniak (SGGA). L’occasion de découvrir tout au long d’un sentier, la géologie et la végétation méditerranéenne, d’évoquer l’exploitation des forêts de chênes verts (coupe à blanc, charbonnières,etc.) et du calcaire urgonien (sa solidité et sa couleur blanche en font une pierre très employée dans le bâtiment) mais aussi de parler des sites préhistoriques et plus précisément des dolmens*.
L’après-midi, les randonneurs ont pu compléter leur découverte avec une visite de l’Aven d’Orgnac et du musée régional de préhistoire.
http://www.orgnac.com/site.htm
Prochain rendez-vous le Samedi 13 septembre à Saint-Martin-d’Ardèche : « La rivière Ardèche, un potentiel de Biodiversité » départ de la randonnée à 15h sur la place du village.

*Info dolmens :
Il s'agit de sépultures collectives qui traduisent des convictions religieuses et une organisation sociale élaborée.
L’Ardèche calcaire est criblée de cavités (on dénombre une centaine de grottes sépulcrales). Cependant à partir de -3500 ans, les communautés paysannes de la fin du Néolithique ont édifié dans nos garrigues les premiers dolmens. Elles ont donc déployé beaucoup d’énergie pour extraire les dalles de pierre de plusieurs tonnes, les déplacer et les ériger ! L’Ardèche est l’un des départements les plus riches en dolmens. Les derniers travaux d’inventaire avancent le nombre de 700 monuments qui se répartissent essentiellement dans le Bas-Vivarais calcaire. Un grand nombre de ces sépultures ont été démantelées et/ou pillées au cours des deux derniers siècles. Rappelons aujourd’hui que ces monuments historiques sont protégés.

Un ouvrage de référence

Le 10 juillet dernier, le SGGA présentait officiellement le livre « De la Dent de Rez au Gorges de l’Ardèche » sur le site du musée d’Orgnac, devant près de 150 convives.
Claude Valleix, préfet de l’Ardèche, était excusé pour l’occasion - mais c’est en présence de nombreuses personnalités qu’a eu lieu cette présentation : Pascal Terrasse, président du Conseil Général et député de l’Ardèche; Paul Lavie, président du SGGA et maire de Saint-Remèze; René Ughetto, maire d’Orgnac; Hervé Ozil, éditeur et maire de Lagorce; Didier Boulle, directeur du SGGA; Gilbert Cochet, président du comité scientifique de la réserve naturelle; ainsi que tous les représentants des communes adhérentes au SGGA…Sans oublier les auteurs (53 au total!) et les directeurs de l’ouvrage : Michel Raimbault, qui a été la « cheville ouvrière » de ce livre (contacter les auteurs, les relancer, collationner les textes,etc.), bien aidé par Chantal Rouchouse, pour ses connaissances en patrimoine et la création de nombreux dessins et gravures illustrant l’ouvrage.

Une idée née au cours de l’année 2005
L’idée d’un ouvrage portant sur les Gorges de l’Ardèche et les plateaux environnants a germé dans l’esprit du SGGA en 2005. Objectif : faire découvrir dans un même document l’ensemble des patrimoines de ce secteur si convoité, et le rendre accessible à tous.
Sur l’aspect financier, la maîtrise d’ouvrage du SGGA et l’intérêt de ce projet ont mobilisé une subvention de la Diren Rhône-Alpes ainsi que du conseil général de l’Ardèche, au titre des espaces naturels sensibles.

Un voyage au cœur de l’Ardèche
Le sous-titre « Histoire et environnement d’un territoire » indique bien l’orientation choisie.
Au fil de 40 chapitres, le lecteur parcourt le territoire des Gorges de l’Ardèche dans sa globalité : histoire, préhistoire, géologie, faune, flore, climat, agriculture, archéologie, loisirs, etc.

Un ouvrage de référence pour le territoire
A la vente depuis début mai, cet ouvrage est déjà bien accueilli par le grand public ; un accueil immédiatement relayé par la presse locale.(cliquez sur les articles ci-contre pour agrandir)

Ce livre réalisé en coédition avec les éditions du Chassel est disponible au prix de 54 euros dans les locaux du SGGA à Saint-Remèze (04 75 98 77 31), à la centrale de réservation bivouacs à Vallon-Pont-d’Arc, à l’office de tourisme de Vallon-Pont-d’Arc et de Saint-Martin-d’Ardèche, ainsi que dans la plupart des librairies.
Un ouvrage qui trouvera sa place dans les bibliothèques de tous les amoureux des Gorges de l’Ardèche…

Sur les chemins de Cro-Magnon

Dans le cadre de ses animations estivales, le SGGA proposait une randonnée à thème le mercredi 9 juillet : « Sur les chemins de Cro-Magnon ». Olivier Peyronel, responsable des animations au SGGA, a évoqué les vestiges de la présence humaine, tout au long d’un sentier au dessus du cirque d’ Estre. Un voyage dans le temps qui était également l’occasion de découvrir l’environnement naturel de ce site majestueux : la géologie, les plantes méditerranéennes, les insectes…avant d’approcher l’entrée de la grotte la plus célèbre en Ardèche : la grotte Chauvet. En fin de matinée, une lecture de paysage, avec vue exceptionnelle sur le Pont d’Arc, a ramené progressivement les randonneurs aux Gorges de l’Ardèche d’aujourd’hui.

Cette animation vous est aussi proposée les 16, 23, 30 juillet et les 6, 13 et 27 août prochain.
Il est possible de compléter cette découverte avec, l’après-midi, une visite guidée de l’exposition
« Grotte Chauvet Pont d’Arc » et de participer à un atelier pédagogique « le feu avant les allumettes » animé par le Centre de Recherche Préhistorique de Vallon Pont d’Arc.
Sur réservation à l’exposition « Grotte Chauvet Pont d’Arc » : 04 75 37 17 68

A noter : une équipe de journaliste TF1 était présente à l’occasion de cette randonnée.
Une série de 5 reportages sur les Gorges de l’Ardèche et sa réserve naturelle sera diffusée dans le JT de 13h00 avec Jean-Pierre Pernaut, du 14 au 18 juillet 2008.
Ces dates passées, vous pourrez revoir les reportages sur le site de TF1.
Lien direct au JT : http://videos.tf1.fr/video/news/0,,3906055,00-journal-televise-juillet-.html

"Au coeur de nos garrigues"

Dimanche 29 juin, le SGGA proposait une animation « au cœur de la garrigue » à Gras. Une quinzaine de randonneurs ont pu ainsi profiter d’une balade encadrée par Valérie Szczepaniak, Gérard Mounier (agents SGGA) et Chantal Rouchouse. « Les alignements de murettes qui s’étirent sur plusieurs dizaines de kilomètres, les cabanes, les nombreux clapas et coupe-vent sont le fruit d’un ramassage et d’un épierrement intensif pendant plusieurs siècles » explique Chantal, passionnée d’architecture vernaculaire. Il faut dire que jusque dans la 1ère partie du XXe siècle, le bétail avait une place prépondérante dans les exploitations du plateau du Laoul, même si l’agriculture restait une priorité. L’étude faite entre 1994 et 1999* sur le secteur de la Plaine (commune de Gras) a permis de découvrir de nombreuses constructions en pierre sèche utilisées par les bergers, derniers témoignages d’un passé à jamais perdu.
Mais la garrigue compte aussi d’autres merveilles, souvent négligées : sur le bord des chemins, une quantité de fleurs modestes autant que sublimes ne nous réclament rien de plus que la gratification d’un regard… L’occasion pour Valérie (attachée de communication au SGGA) de nous ouvrir les yeux sur quelques plantes oubliées de nos garrigues (remèdes et gourmandises !). Aujourd’hui encore, les « anciens » utilisent la Germandrée petit-Chêne en infusion dépurative. Le Millepertuis, très utilisé en médecine de campagne, soigne par exemple les brûlures superficielles et les coups de soleil. Il est possible de se régaler avec les fleurs sucrées de la Laitue vivace ou du Salsifi austral, mais aussi avec les jeunes feuilles tendres et charnues de l’Orpin blanc, riches en calcium. Pour terminer la matinée, une petite comparaison est nécessaire entre le Genévrier Oxycèdre, dont on extrait l’huile de Cade, et le Genévrier commun (Genièvre) : ses fameuses baies allègent préventivement des plats un peu lourds comme la choucroute ! Mais lorsqu’il s’agit de porter une baie ou une plante à la bouche, gare aux confusions : certaines espèces peuvent être toxiques.

*Michel Raimbault, Chantal Rouchouse, Cabanes et structures en pierre sèche, CERAV, 1999.